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Préparation des toiles pour huile et acrylique (copie)

Tout commence avec le choix de la toile :
L’achat d’une toile n’a rien de facile, la corrélation entre le prix, la qualité et le budget est une quadrature du cercle compliquée !
Je ne transige pas sur la qualité, c’est un lourd investissement, certes, mais c’est non négociable, je préfère avoir très peu de matériel mais avoir le bon.
De bonne qualité ou de qualité médiocre, le temps de travail sur une toile reste important, le résultat sera meilleur avec du bon matériel,
la satisfaction sera meilleure également et elle compte plus que tout.
Être heureuse de travailler est une chose importante, tout ce qui renforce ce but (car c’en est un) est primordial, donc je privilégie qualité avant tout.
Mes toiles sont fabriquées chez « Châssis de France », je vous conseille de visiter leur site avec attention, de bien regarder et de faire votre choix,
je n’ai aucun avantage à citer une marque, ce blog n’est pas sponsorisé, je ne suis pas un panneau publicitaire. CLIC ICI
Cependant, je suis toujours contente quand quelqu’un me fait gagner beaucoup de temps en me conseillant des outils ou des fournisseurs de qualité.
Cette fabrication française peut fournir des toiles sur mesure.
Donc, en ce qui me concerne, cette fabrication remplit toutes mes exigences en matière de qualité.
Je ne commande pas sur internet, mais à Coustellet (en Vaucluse), nous avons un marchand de couleurs « Arc-en-ciel »,
et c’est toujours un plaisir de faire mes achats de cette façon, c’est l’occasion d’une petite balade, d’un petit resto, et c’est plus plaisant pour moi.
Je ne travaille pas avec des toiles fabriquées hors de l’UE, j’essaie d’éviter ls importations tant que je trouve ce dont j’ai besoin en France ou en Europe.
L’achat des toiles n’est pas sans conséquences : une mauvaise toile, avec un mauvais châssis, peut entraîner le travail à sa perte,
elles se déforment plus facilement, et des changements successifs d'hygrométrie, ou de chaleur, feront craquer les couches picturales.
Une toile doit rester stable le plus possible, tendue sans excès en permanence, il faut vérifier la tension de vos toiles souvent.
Mais, comme tout ce qui sera dit dans l’écho de mon atelier qu’est ce blog, vous êtes seul juge de ce qui vous convient !

Rentrons dans le vif du sujet :

  1. Formats

  2. Châssis

  3. Clés

  4. Types de toiles (accord pluriel)

  5. Protection des bords

  6. De 8 à 12 couches

  7. Ponçage

  8. Séchage

  9. Attache pour l’atelier

  10. Stockage

    1. Formats :
    Il faut être à l’aise dans les formats choisis, en tout premier lieu le format doit être choisi en fonction du sujet.
    Un sujet comprimé ou isolé peut être une erreur, sauf si ce décalage dans le format fait partie de la narration choisie, auquel cas…
    Choisir en fonction du sujet, de la narration voulue, des envies personnelles : il s’agit d’être à l’aise avec un format,
    se sentir à l’étroit dans un petit format ou perdue dans un trop grand format, ce n’est jamais agréable.
    Donc, il est important de connaître ces quelques points avant un achat.

2. Châssis :
Non négociable : un châssis doit avoir des clés, pour pouvoir retendre la toile afin que sa tension reste correcte, ni trop ni trop peu, comme un tambour mais avec un peu de souplesse.
Si la toile n’est pas assez tendue, elle se gondolera et les couches picturales craqueront ; si elle est trop tendue, il se passera la même chose quand elle se détendra.
Le mouvement des toiles en fibres naturelles est normal, il faut simplement le maîtriser.
La qualité du bois est importante, il ne doit pas avoir de nœuds, il doit être massif, sa culture doit être la plus écologique possible, il doit avoir des entretoises biaisés et il doit être assemblé avec des tenons-mortaise.

3. Clés :
Et c’est ici qu’il existe une « grande dispute » entre ceux qui mettent les clés dans un sens et ceux qui les mettent dans l’autre sens.
Je vous montre comment je les place, de cette façon elles sont plus faciles à enfoncer avec un marteau, et bien entendu c’est la seule et unique façon de placer une clé !

4. Types de toile :
Au choix :
Lin fin, voire extra fin, lin moyen, lin fort (gros grain) : ce sont ces fibres que j’utilise sans me poser plus de questions, je choisis du lin fin pour mes petits formats et du lin moyen pour les grands formats pour qu’ils soient plus solides.
Coton : pourquoi pas, mais cette toile est plus sensible aux variations hygrométriques.
Polyester : son grand avantage, c’est qu’il n’est pas sensible à l’hygrométrie ni à ses changements, mais en revanche il est plus sensible aux déchirures, et pour mon goût moins noble que le lin, cependant certains peintres ne jurent que par cette toile.
Et des mélanges de fibres comme des polycotons, le pire étant de ne rien savoir sur la composition de la toile.


5. Protection des bords :
Et voici encore une pierre d’achoppement et de discorde. J’aime avoir des bords propres avec des semences propres, il est important pour moi que les bords soient et restent visibles, ils donnent la troisième dimension aux toiles, ils font d’elles un objet en soi, et qui plus est un très bel objet.
Pourquoi avoir un si bel objet, de qualité supérieure, et le cacher quand la toile n’est pas encadrée ?
Je mets un film de masquage sur les bords de la toile lors de la pose du gesso, et je l’enlève dès que j’ai terminé cette préparation, car il n’est pas raisonnable de laisser ces films de masquage trop longtemps, ils deviennent difficiles à enlever et laissent des traces de colle.
Quand une toile doit être encadrée, je place un papier kraft gommé (collant à l’eau), pour protéger la toile du cadre.
En dehors de ces deux cas, je préfère voir le bord blanc de mes toiles, j’ai même refusé des expositions qui ne toléraient pas ce type de bords. Ce choix m’est personnel, d’autres sont possibles et aucune exposition ne doit, ni ne peut interférer dans mes choix artistiques et techniques !

6. De 8 à 12 couches :
C’est un problème de patience et de rigueur.
J’utilise du gesso de chez « Lefranc-Bourgeois », il me convient et se comporte bien dans le temps.
Je pose le gesso aux sabres d’encollage, de15 à 40 cm, et/ou au spalter, de tailles différentes selon les tailles des toiles.
L'encollage demande beaucoup de concentration et de temps.
Le but est double : en premier lieu, l’encollage des toiles telles qu’elles sont en vente n’est pas suffisant.
Faire ce travail me permet d’avoir une meilleure accroche des premières couches picturales qui, en étant suffisamment diluées,
s’arrimeront beaucoup mieux à l’encollage, et cela va assurer un meilleur maintien de l'ensemble de couches successives..
En second lieu, les toiles de lin dont je me sers auront un effet « canevas » qui me déplaît beaucoup si elles ne sont pas enduites jusqu’à un aspect lisse.
J’utilise des tables à tapisser pour pouvoir tourner autour. Comme je prépare beaucoup de toiles en même temps, le temps de faire un tour,
les premières couches sont déjà sèches, mais je ne dépasse pas deux tours par 24 heures, pour que le séchage se fasse au mieux.
J'ai besoin de 8 à 12 couches selon que le lin soit fin ou moyen.
Mes premières couches sont blanches, les dernières grises, ocre jaune ou ocre rouge, mais jamais blanches.
Surtout, ne pas tenter de poser des couches épaisses pour en limiter le nombre, c’est une mauvaise idée : seules des couches fines,
avec un temps de séchage respecté, donneront un résultat solide.
Si une technique demande beaucoup d’accrochage mécanique des couches picturales, il est conseillé de choisir un lin fort, mais d’enduire tout de même,
tout en gardant un grain qui servira d’accrochage.
Je ne travaille pas en couches épaisses, donc, pour mon travail, avoir un grain visible n’est ni utile, ni esthétique.


7. Ponçage :
Si je fais des gouttières(ou plis), je les ponce au fur et à mesure, soit avec la lame d’un cutter en raclant (pas en coupant), et avec un papier à grain très fin, le plus fin possible.
Les creux ou cuvettes, sont beaucoup plus embêtants ; le mieux étant de ne pas en faire. Sinon, il faut les rattraper avec un couteau à peindre (+ ponçage !).

8. Séchage :
Respectez le séchage complet des enduits avant de manipuler les toiles : ils peuvent sembler secs en surface, mais ne pas l’être au cœur.
Il faut environ 72 heures pour être sûr que tout soit bien sec.

9. Attache pour l’atelier
:
Pour pouvoir accrocher les toiles au mur entre deux couches picturales, et pour un séchage avant vernis, il leur faudra une attache d’atelier, un système qui ne prenne pas de place et qui soit suffisamment solide.
Quand la toile est encadrée, les attaches sont sur le cadre (crochet/ficelle/câble). Si une toile encadrée est suspendue par le châssis, cela le déforme et peut le fragiliser. Les attaches d’atelier doivent pouvoir se retirer facilement.

10. Stockage :
Les toiles vont être rangées à la verticale, JAMAIS les unes sur les autres
En les rangeant de cette façon, face contre face (et jamais dos contre face), on évite les rayures :
L’arrière des toiles a des attaches, des agrafes et des plis de toile, qui n’attendent qu’une chose :
abîmer la toile du côté des enduits, et pire encore quand elles sont peintes.
Je stocke mes toiles dans une armoire, dans une pièce ni trop sèche ni trop humide, face contre face.
Quand je bouge mes toiles, je les emballe avec un papier fin qui a une face très lisse pour éviter qu’il ne colle aux enduits ou couches picturales,
avant le papier bulle, en laissant un côté ouvert pour que l’air passe sans confiner la toile. Le papier cuisson de cuisine fait l’affaire.
Selon le type de papier, il peut rester collé sur la toile ; le papier bulle peut le faire aussi.
Le stockage demande un local avec une hygrométrie stable, ni trop sèche ni trop humide,
et les toiles ne doivent pas être enveloppées de façon à ce qu’elles ne puissent pas respirer.
Ainsi, elles peuvent attendre avant de servir !

Voici donc quelques pistes sur la préparation des toiles, mais au fil du temps, j’aurai l’occasion de compléter ce billet avec d’autres techniques de mon atelier.
Sachant que chaque atelier utilise des « trucs et astuces » complémentaires ou différents !
Nous aurons le temps d’en reparler…

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