Pourquoi un blog, ici et maintenant ?
Expliquer toute la technique d’un geste artistique, cela a-t-il du sens ?
Décortiquer dans le détail, expliquer d'étapes en étapes, est-ce important ?
Oui, puisque les traités de peinture m’ont aidée à vaincre des peurs, et bien des timidités, autant que des problèmes techniques.
Donc, sans l’ombre d’un doute, pouvoir et savoir expliquer ses techniques permet à d’autres d’avancer, d’apprendre, de s’informer ou de s’inspirer, peut-être de s’inscrire en faux et de faire différemment, autrement, peu importe c'est important de communiquer amicalement entre créateurs.
L’IA est là, et ne pas s’en servir est presque une bravade de plus, mais aussi une suspicion déjà bien ancrée, aussi il est peut-être plus que nécessaire aujourd’hui de montrer mais aussi de démontrer que c’est bien un artisanat, un geste, un apprentissage, un savoir-faire avant un savoir-être.
Est-ce bien ou est-ce mal ? Je ne saurai répondre.
L’arrivée de l’IA, et son développement si rapide et exponentiel, provoque bien des changements, des catastrophes en série chez les créateurs et auteurs alors que tout était déjà bien difficile. Aujourd’hui tout paraît bien assombri, il va falloir prendre position entre ceux qui utilisent l’IA et ceux qui ne l’utilisent pas.
Personnellement je préfère m’en passer pour chacune des étapes de mon travail, est-ce la bonne décision ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais ce qui m’a décidée, c’est le fait que je veuille rester maître de mes gestes, de mes décisions et de mes capacités autant que de mes incapacités.
Victoires ou déboires, tout sera bien à moi de bout en bout, j’ai pris cette décision, mais très vite je me suis rendue compte que cela ne suffirait sûrement pas, encore faut-il prouver que tout est bien à moi de la conception à la réalisation, c’est une nouveauté dans les difficultés que nous devons combattre sans cesse.
Le blog s’impose, même si dans ce support je ne suis pas véritablement en avance, et sûrement est-il déjà dépassé, mais je ne vois pas comment faire autrement.
Bien que j’aie eu envie de ce blog bien avant l’IA, je reconnais que c’est bien elle qui me fait commencer aujourd’hui.
Elle est là, et la combattre est illusoire, mais l’utiliser n’est pas une obligation, c’est certainement une facilité, ou un outil de plus pour ses utilisateurs. Pour moi elle m’éloigne trop de mes mains, de mon cœur, de mes envies et de mon esprit, elle n’ajoutera que des doutes supplémentaires, et des gênes immenses, même si je comprends bien sa rapidité.
Elle est la nouvelle « camera obscura », ou le nouveau rétroprojecteur, qui ont été cachés dans les ateliers comme des outils honteux, je préfère mes échecs, même les plus cruels ou répétitifs, que de ne pas être à la tête de chaque étape.
Ce blog n’est pas là pour me justifier non plus, ni pour défier l’IA, c’est une expérience, le début d’une relation avec le monde extérieur.
Je n’aime plus l’idée de voyager : je n’y arrive plus ; rencontrer des personnes ou des paysages que je ne reverrai jamais me terrifie.
Amis et paysages du Vaucluse me suffisent, et m’éloigner de mon centre, de mon atelier, m’est très pénible, c’est devenu au fil du temps une chose difficile.
Mon espace est compris entre l’Isle où est l’atelier, et Cabrières-d’Avignon, Goult, Lumières, Murs, Viens, Saignon, Bonnieux, Cucuron, Lacoste, Opède, Ménerbes, Robion, et mes achats à Coustellet de l’alimentaire aux fournitures de l’atelier, ce n’est pas un territoire immense, mais j’en connais tous les recoins.
Si en juin, juillet, août c’est un peu plus compliqué, il me suffit d’aller dans ces espaces non instagrammables qui laissent encore la possibilité d’être dans le calme, et l’apaisement.
Le Luberon garde bien des secrets à l’abri de la rumeur du monde.
Si mon espace est géographiquement réduit, il devient infini, comme par magie, grâce au passage des saisons :
Le Luberon est avant tout une région agricole, chaque jour le travail des agriculteurs façonne ces paysages : cerisiers, pommiers, amandiers, vignes, oliviers, lavandes, maraîchages, blé, et quelques originalités comme des figuiers de Barbarie, des grenades, et du houblon ont, avec les routes, les villages si différents pourtant si proches les uns des autres, et les maisons isolées, les petites routes et les chemins secrets, fait que chaque jour le Luberon est une merveille qui s’anime différemment.
Je bouge beaucoup, mais sur des petites distances.
Mon décor quotidien est un privilège qui ne me lasse pas, et ne me demande aucun effort de rester.
C’est l’atelier qui voyage pour moi, ma galerie en dix années a réalisé un joli miracle pour mon travail : mes toiles sont dans de nombreux pays, sur tous les continents, elles vivent dans d’autres univers que le mien, dans d’autres langues, d’autres cultures et c’est parfait.
Ma santé a fait en sorte que je doive prioriser d’autres choses que la galerie, je suis à ce jour, en avril 2026, encore dans ces soucis jusqu’en juin prochain, où je pourrai imaginer d’autres aventures pour mon atelier et moi.
Mon atelier, lui, veut voyager, aller loin, arpenter ce monde, un blog devient le meilleur moyen de transport pour lui en ce moment.
Alors oui l’IA a accéléré l’idée, elle accélère tout, elle est faite pour ça, mais c’est le voyage qui en a décidé véritablement la naissance, non pas le mien, mais celui de mon atelier et de mes toiles.
Vous avez la parole, vous pouvez me parler via la section contact, même si ce site est non marchand, le dialogue lui est possible si le cœur vous en dit, ou si vous avez des questions, ou des envies de parler peinture, en toute amitié, en toute sécurité, et en toute confidentialité, loin de la foule, des compteurs, des likes, des obligations des réseaux, ici nous sommes entre nous, bien tranquillement.